Né vers 1882 (date de naissance non précisée à cause des registres inexistants à cette période en région rurale) d'une famille des plus puissantes (les Beni Ouriaghel) et possédant une forte influence dans le pays, il étudia à Ajdir (province d'Al Hoceima), à Tétouan ainsi qu'à l'université de Fès.
Il vécu de nombreuses années à Melilla (Espagne) où il fut rédacteur en chef d'un grand journal. En 1914, il devint cadi de cette ville où sa collaboration avec différentes autorités espagnoles le familiarise avec les méthodes administratives. Il s'y fait divers contacts qui lui permettent d'achever sa formation de lettré arabe.
Formé par les espagnols, il décide en 1919 de quitter Melilla pour retourner s'installer dans sa ville natale à Al Hoceima.
En 1921, il y essaye de soulever sa tribu (les El Khattabi) contre un poste militaire établi à Anoual, ville espagnole située dans la chaîne de montagnes du Rif. Face à la défaite des espagnols, Abd-el-Krim deviendra le chef des rifains.
Ayant pour conseiller politique son frère, Abd-el-krim remportera d'importants succès tels que la bataille d'Anoual. Quelques 20.000 soldats espagnols y trouvent la mort et des milliers s'y font emprisonner. De plus, les rifains mettent la main sur des armes, des chars et des voitures qui leur permettront d'entretenir une armée pendant plus d'un an. C'est la victoire qui va enflammer le Rif.
Dès lors, il renforce son pouvoir en créant un Etat avec un "makhzen" le dirigeant avec un mélange de traditions et de modernité. C'est ainsi que la République du Rif est créée.
Après avoir réalisé l'indépendance de sa propre tribu, il va voir plus grand et plus loin en élargissant son champ d'action sur l'ensemble du Rif. Il trouvera très vite des aides dans le monde islamique, pays attirés par la richesse minière du nord marocain.
Rapidement, une remise en cause de l'autorité d'Abdelkrim se met en place à l'intérieur du pays. On se rend compte qu'il représente une menace sur la zone du protectorat français malgré que les rifs soient en zone de protectorat espagnol.
En 1925, il annonce la prise prochaine de la ville de Fès. Il demande la reconnaissance des gouvernements du monde entier. Suite à son annonce, le gouvernement français riposte.
Une force militaire française conduite par le maréchal Philippe Pétain, ainsi qu'une armée espagnole, engagèrent un mouvement concerté contre les Rifains.
L'Espagne et la France envoient des renforts considérables: des pourparlers de paix commencent à Oujda où ils vont très vite échouer. Une offensive générale franco-espagnole est lancée avec un demi million d'hommes et l'appui de 44 escadrilles d'avions de combat.
Le 27 mai 1926 Abdelkrim se rend aux autorités françaises. Vers fin août, il est exilé dans l'île de la Réunion où il va recréer l'atmosphère de la civilisation à laquelle il appartient.
Echappé de la Réunion, il trouve asile en Egypte où il fonde avec différents leaders nationalistes marocains un comité de libération du Maghreb arabe.
En février 1963, il meurt au Caire à l'âge de 85 ans. Son corps fut rapatrié au Maroc par le roi Hassan II.
Il obtient le soutien de beaucoup de monde. A Londres on le traite de héros, en Inde Gandhi lui apporte également son soutien. Certains vont jusqu'à croire en un nouvel Atatürk.