Si vous êtes d'origine berbère, demandez à vos parents s'ils connaissent. Souvenirs, souvenirs...
Il etait jadis un personnage du nom d 'Anzar. C'etait le maitre de la pluie.
Il desirait épouser une jeune fille d'une merveilleuse beauté: comme la lune dans le ciel,elle brillait sur terre.
Son visage était resplendissant, son vêtement d'une soie chatoyante.
Elle avait l'habitude de se baigner dans une rivière aux reflets d'argent.
Quand le Maître de la pluie descendait sur terre et s'approchait d'elle, elle prenait peur et lui se retirait.
Un jour,il finit par lui dire:
Tel l'éclair, j'ai fendu l'imensité du ciel,
ô toi, étoile plus brillante que les autres,
donne moi donc le trésor qui est tien
sinon je te priverai de cette eau.
La jeune fille lui répondit:
Je t'en supplie, Maître des eaux,
au front couronné de corail, nous sommes faits l'un pour l'autre
mais je redoute le "qu'en dira-t-on"
A ces mots, le Maître de l'eau tourna brusquement la bague qu'il portait au doigt:
la rivière soudain tarit et il disparut.
La jeune fille poussa un cri et fondit en larmes. Alors elle se depouilla de sa robe de soie et resta toute nue. Et elle cria vers le ciel:
O Anzar, O Anzar
O toi, floraison des prairies,
laisse à nouveau couler la rivière,
et viens prendre ta revanche!
A l'instant même, elle vit le Maître de l'eau sous l'aspect d'un éclair immense.
Il serra contre lui la jeune fille: la rivière se remit à couler et toute la terre se couvrit de verdure.
Voila l'origine de cette coutume:
en cas de sécheresse on célèbre sans tarder Anzar et la fille choisie pour la circonstance
doit s'offrir "nue".
Le rite se présente comme une mise en scène de la légende d'Anzar. Une jeune fille joue le rôle de "taslit n'wanzar"
Elle tient en main "aghenja" (une louche) et tout le monde chante des invocations à Anzar, le roi de la pluie, tout en quêtant de porte à porte. On reçoit ainsi semoule, viande, graisse, oignons etc.
Arrivé dans un sanctuaire, le cortège s'arrête et les femmes préparent un repas cérémonial avec ce qui a été rassemblé. Tous les accompagnateurs y prennent part.
Puis la "qibla", la voyante guérisseuse du village, dénude la fiancée, l'enveloppe dans un filet à fourrage, puis lui fait faire sept fois le tour du sanctuaire tenant la louche en main de façon à avoir la tête de la louche en avant comme si elle demandait de l'eau, tout en répétant :
"ay at aman awid aman, nefka tarwiht i i t yevghan" (gens de l'eau, donnez de l'eau, nous donnons la vie a qui la veut).
Entre autres chants, la fiancée répète une incantation qui commence par le vers suivant : "nekk d tmurt ttakniwin" "la terre et moi sommes co-épouses".